Les faits
La Belgique est le pays européen qui a le plus grand nombre de chats au km2. On estime sa population à plus de 2,5 millions d’individus, chiffre sous-estimé vu le nombre de chats errants. Vous avez le tournis ? Nous aussi.
Nous vous passerons les explications sur le calvaire de leur errance, leur surpopulation en rue où ils sont livrés à eux-mêmes, leurs maladies toujours plus contagieuses et plus virulentes et leur nombre qui ne tarit pas dans les refuges ; l’asbl EVA vous en parle déjà quotidiennement au travers de ses sauvetages. Relatons cette fois un problème majeur lié à leur présence : leur impact sur la biodiversité.
Nous, humains, sommes incontestablement l’espèce qui a le plus d’impact négatif sur l’environnement. La domestication du chat en fait irrémédiablement partie. S’il est difficile d’imaginer que Minou, notre compagnon de vie qui profite d’un accès à l’extérieur, soit responsable d’un massacre à grande échelle, il nous faut pourtant prendre un peu de recul. Le nombre de chats qui s’adonnent à la chasse aux oiseaux, aux petits mammifères et aux amphibiens entre autres est colossal. Car, oui, même s’il a été domestiqué, le chat a gardé un instinct de chasseur et il peut avoir un comportement d’abattage en surplus en chassant même s’il est rassasié.
Résultat : Minou est un prédateur non naturel et il participe involontairement à la diminution des populations sauvages de certaines espèces et au déclin de la biodiversité. Involontairement, parce que nous ne le tenons pas pour responsable, contrairement à beaucoup de naturalistes. La faute repose entièrement sur l’être humain qui n’a pas pris au sérieux et assez tôt le problème de leur surpopulation et qui n’entreprend aucune démarche ou presque pour freiner ces chiffres déjà démesurés. La population de chats grandit chaque année, puisque des propriétaires peu soucieux refusent le recours à la stérilisation (obligatoire légalement depuis 2017), engendrant une natalité effarante, ou les abandonnent lâchement sans accès à de la nourriture. Les chats en souffrent, mais la petite faune aussi. Les espèces communes de nos jardins comme le moineau domestique, le rouge-gorge ou le merle noir sont menacées. Leur population est même en chute libre. Les activités liées à l’humain sont les premières en cause : collisions avec des bâtiments et des fenêtres, tirs et piégeages délibérés. La prédation des chats arrive juste après et représente 16,3 % de la mortalité totale, en augmentation de 50 % entre 2000 et 2015.
Action/réaction
Nous ne voulons pas entamer le débat de savoir si Minou peut sortir ou pas. Par expérience, nous savons que chaque chat a ses comportements propres, ses besoins et son vécu.
Nous vous proposons d’agir concrètement afin d’offrir une meilleure vie à Minou et aux animaux sauvages.
- Stérilisez et faites identifier vos chats, conformément à la législation en vigueur. Il faut stopper l’idée reçue que la stérilisation nuit au bien-être de l’animal, ou qu’une femelle doit avoir au moins une portée.
- Privilégiez l’adoption à l’achat et au don. Il y a assez de malheureux dans les refuges que pour participer à des naissances supplémentaires.
- Soyez conscient.e.s que l’on a tous un chat errant dans son jardin, comme le rappelle la Dre Di Folco, vétérinaire. Dès lors, participez à la stérilisation de ces pauvres chats errants. Nous serions ravi.e.s de vous donner toutes les informations et l’aide nécessaires.
- Cessons de stigmatiser le nourrissage des chats errants : laisser mourir de faim des animaux domestiqués est immoral. Les alimenter limite quelque peu les dégâts directs à la faune sauvage et permet surtout de fidéliser les chats sur plusieurs spots, puis de les faire stériliser. Ces points de nourrissage sont un succès franc dans plusieurs villes où les populations de chats errants sont davantage sous contrôle. Dans la même optique, il faut exclure l’idée reçue qu’un chat affamé ne se reproduit pas.
Source : www.protectiondesoiseaux.be